Chez Kickmaker, j’ai été embarqué dans le projet le plus inattendu de mon parcours : un accessoire de charge signé Hermès, pour des produits Apple. Mon rôle n’était pas technique. J’étais avec les clients, pour appuyer les ingénieurs et le management. Et ce qui m’intéressait vraiment, c’était de voir le niveau d’échange entre trois mondes : Apple, Hermès et Kickmaker.
quand le luxe rencontre la tech
L’idée : un objet de charge pour appareils Apple, mais pensé et fini comme une pièce Hermès. D’un côté la rigueur technique d’Apple, de l’autre l’exigence d’artisanat d’une maison de luxe. Kickmaker au milieu, pour faire tenir les deux dans un seul produit, sans que l’un n’écrase l’autre.
intégrer la charge OEM d’Apple
Le cœur technique, c’était d’intégrer le module de charge OEM d’Apple dans notre hardware. Apple ne laisse personne charger ses appareils n’importe comment : il faut passer par son module officiel, respecter ses spécifications et ses exigences de validation. Toute la conception hardware s’est donc construite autour de cette brique imposée, à intégrer proprement sans jamais trahir l’objet Hermès qui l’entoure.

le niveau de finition
C’est là que le projet devient fascinant. La barre de qualité, c’est celle d’Hermès, pas celle d’un accessoire tech.
Le cuir d’abord : la même qualité que la maroquinerie de la maison, coutures sellier comprises.

L’extérieur ensuite : de l’aluminium brossé, usiné en CNC. Le genre de finition qu’on trouve sur un objet de luxe, pas sur un chargeur.

Et le détail que je retiens : l’indicateur de charge. À l’origine, c’est un mouvement de montre. Une aiguille qui monte avec la batterie, comme une complication horlogère. On ne lit pas un pourcentage sur un écran, on regarde une aiguille.

tout le cycle, en France
Autre point qui compte : Kickmaker a mené toutes les phases en France. Du POC (preuve de concept) à l’EVT (validation d’ingénierie), au DVT (vérification du design), jusqu’au PVT (validation de production). Le cycle de développement produit complet, sur place. Pour une maison française et un objet de ce niveau, le « made in France » n’est pas qu’un argument : c’est du contrôle qualité de bout en bout.
mon rôle, et ce que j’en retire
Je n’ai pas dessiné le produit. J’étais là pour accompagner : tenir le lien avec les clients, soutenir les ingénieurs, aider sur le management et la coordination entre des équipes qui ne jouaient pas dans la même cour.
Ce que j’en retire, c’est une leçon d’exigence croisée. Voir comment Apple cadre la technique, comment Hermès cadre la finition, et comment une équipe d’ingénieurs fait dialoguer les deux, ça déplace la barre de ce qu’on considère comme « bien fait ».
Couverture : accessoire de charge Hermès × Apple, photo officielle (© Hermès). Les autres photos sont mes prises de vue du produit en cours de développement. L’image de mouvement de montre est une illustration libre de droits.